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Anniversaire de la loi de départementalisation 19 mars 1946

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Malgré le 19 mars 1946 nous n’avons jamais été français que dans nos têtes.
Quand un martiniquais ou un guadeloupéen parle de l’histoire de son pays, on découvre tout son égocentrisme, toute la mégalomanie de ses dirigeants locaux qui facilitent leur instrumentalisation par les gouvernements français successifs.
Malgré le 19 mars 1946 nous n’avons jamais été français que dans nos têtes.
Quand un martiniquais ou un guadeloupéen parle de l’histoire de son pays, on découvre tout son égocentrisme, toute la mégalomanie de ses dirigeants locaux qui facilitent leur instrumentalisation par les gouvernements français successifs.

La départementalisation est l’aboutissement d’un ardent souhait des populations des DOM ; qualifié avec un orgueil de sot, de vieilles colonies. Or cette aspiration n’avait rien d’exclusive puisque le même souhait se rencontrait dans les populations africaines symbolisées par la position de leurs élus.

Aimé Césaire connaissait leurs positions puisqu’il siégeait avec eux à l’assemblée française , précisément en 1945; il n’ignorait pas la position du plus proche de lui, son vieil ami étudiant Léopold Sédar Senghor qui venait d’écrire cette même année avec le Prince Sisowath Youtevong  (1913-1947)  père de la démocratie cambodgienne et père de la constitution cambodgienne et Robert Lemaignen, intendant de l’école coloniale un livre intitulé « La communauté impériale française » dans lequel Senghor disait que le problème colonial n’était en fait qu’un problème provincial et que l’essentiel était de resserrer les coudes dans la République.

La loi d’assimilation a été votée dans un contexte d’instabilité successive au réaménagement institutionnel de la France à la fin de la seconde guerre mondiale.
Les résultats du référendum du 21 octobre 1945 sont favorables au  oui pour une assemblée constituante C’est cette assemblée qui va voter la loi d’assimilation. L’évolution institutionnelle n’est pas terminée en France. Le projet de Constitution du 15 avril 1946 est soumis au référendum du Peuple souverain le 5 mai 1946, qui vote son rejet.

Que disait le projet de constitution du15 avril :
Article 40.
La France est une République indivisible, démocratique et sociale.
Article 41.
La France forme avec les territoires d’outre-mer, d’une part, et avec les États associés, d’autre part, une Union librement consentie
 Article 44.

Tous les ressortissants de l’Union française jouissent des droits et libertés de la personne humaine garantis par les articles ler à 39 de la présente Constitution. Tous les nationaux et ressortissants français de la métropole et des territoires d’outre-mer jouissent des droits de citoyen.
Les africains devant l’échec de la Constitution du 15 avril font valoir leur désir de devenir français. D’où le vote de la loi Lamine Gueye

Revenons en arrière : Le 22 août 1945, une ordonnance établit que les élections auront lieu dans la France d’outre-mer au double collège, qui comprend:
-d’une part les citoyens français et ceux des « quatre communes » du Sénégal;
-et d’autre part les « indigènes », c’est-à-dire les citoyens de l’empire.
La Constituante hésite alors entre l’assimilation totale, telle que les promoteurs de la Conférence de Brazzaville la souhaitent, et l’association.

Le 25 avril 1946, est votée la loi Lamine Gueye, du nom de ce député sénégalais (Lamine Gueye) de la SFIO, qui dispose que « tous les ressortissants des territoires d’outre-mer ont la qualité de citoyen au même titre que les nationaux français de la métropole ou des départements d’outre-mer »1.
Finalement, loi d’assimilation et loi Lamine Gueye, nous sommes tous colonisés noirs au même niveau. Le 2 juin une nouvelle Assemblée nationale constituante est élue, la gauche PC,SFIO perd la majorité absolue. Le MRP, qui passe pour être le parti le plus proche du général De Gaulle, devient le premier parti avec 28,2% des suffrages exprimés.
Un nouveau projet de constitution est élaboré par le gouvernement Georges Bidault

Lisons cette Constitution de l’Union française
 Aux termes de l’article 63 de la Constitution du 27 octobre 1946 : « Les organes centraux de l’Union française sont la présidence, le Haut conseil et l’Assemblé »..
•    Le président de l’Union française est le président de la République française2 élu par le parlement, constitué alors par l’Assemblée nationale et le Conseil de la République).
•    Le Haut Conseil de l’Union française est constitué d’une délégation du gouvernement français et de représentants des États associés. Sa fonction est d’assister le gouvernement dans la conduite générale de l’Union3.
•    L’Assemblée de l’Union française est composée, par moitié, de membres représentant la France métropolitaine et, par moitié, de membres représentant les départements et territoires d’outre-mer et les États associés4.
La distinction est clairement faite entre les vrais français de l’Hexagone et les autres dont nous faisons partie
L’Union française est créée par la Constitution du 27 octobre 1946 dans son Titre VIII (fondatrice de la Quatrième République) qui modifie le statut des colonies. L’Empire colonial français devient l’Union française, et les colonies des départements et territoires d’outre-mer.( mim bêt mim pwèl)
Le préambule de la Constitution de 1946, repris dans celui de la constitution du 4 octobre 1958, énonce :
 » La France forme, avec les peuples d’Outre-Mer, une union fondée sur l’égalité des droits et des devoirs, sans distinction de race ni de religion. »
 » L’Union Française est composée de nations et de peuples qui mettent en commun, ou coordonnent leurs ressources et leurs efforts pour développer leurs civilisations respectives, accroître leur bien-être et assurer leur sécurité. »
 » Fidèle à sa mission traditionnelle, la France entend conduire les peuples dont elle a pris la charge à la liberté de s’administrer eux-mêmes et de gérer démocratiquement leurs propres affaires ; écartant tout système de colonisation fondé sur l’arbitraire, elle garantit à tous l’égal accès aux fonctions publiques et l’exercice individuel ou collectif des droits et libertés proclamés ou confirmés ci-dessus. »
La constitution met donc en avant un principe égalitaire en droit.

La Cinquième République lui fera succéder en 1958 la Communauté française, conformément aux conclusions de la conférence de Brazzaville en 1944.
Il est clair que dans l’esprit du législateur français nous faisons partie des peuples d’outre-mer. On voit pourquoi aucun rattrapage n’était fait dans le sens de l’égalisation des droits sociaux.
Les africains avaient le même amour que nous de la patrie française. En 1951, Félix Houphouët-Boigny, président du RDA déclarait lors d’un débat d’investiture
« Les Constituants qui sont encore présents dans cette Assemblée savent bien que notre espérance à tous, en 1945, notre espérance nationale, était l’Union Française à bâtir. Nous pensons qu’en dépit de vicissitudes regrettables, il dépend de chacun de nous que cette espérance se réalise pleinement, rapidement
La réaction de la France sera encore plus significative de la manière dont elle nous considérait quand en 1960 l’ONU entérine les indépendances obtenues en reconnaissant que l’accession à la souveraineté nationale constitue la fin de la colonisation.
Si dans l’esprit un peu naïf de nos dirigeants nous ne sommes pas concernés par cette résolution, le gouvernement français a conscience que les rapports qu’il entretient avec nous sont encore coloniaux et il fait voter une seconde résolution le 16 décembre 1960 reconnaissant entre autre mode de décolonisation l’intégration à un pays indépendant tandis que la Hollande propose l’association à un Etat indépendant.
Donc à partir de 1960 nous passons de la politique d’assimilation à la politique d’intégration.
Parallèlement à partir de 1960, c’est la montée des nationalismes dans les DOM ; le problème d’une évolution statutaire devient un leitmotiv.

Etant donné que constitutionnellement nous sommes encore des Peuples reconnus dans le Préambule de 1946, et comme l’ONU rappelle qu’il faut décoloniser avant 2000 la droite nous intègre en faisant le forcing au nez et à la barbe de nos « patriotes » collapsés, en nous enlevant carrément cette reconnaissance constitutionnelle par l’alinéa 3 de l’article 72. Nous devenons populations appendices du peuple français.
Et cette situation justifie pleinement la réflexion de Césaire «  nous avons passé un marché de dupes, la départementalisation n’était qu’une autre forme de domination »

Finalement nous perdons la boule et Sarkosy nous prend pour des joujoux de luxe en nous prenant d’une part pour des cobayes pour sa réforme institutionnelle et d’autre part en se moquant de nos élus en leur faisant prendre « dlo moussach 74 pou lèt » l’autonomie.
Mi fè !

Max DUFRENOT

    

Auteur : Jean Jack LAPORTE

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Karyne Mousseau amoureuse du faux-Chabin ? Par péi kréolopal

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Rédaction du Naïf. C’est bien Karyne Mousseau qui faisait des leçons de conduite aux politiques avec son texte « Jambé pak. » En  tout cas au lieu de faire la guerre au psychopathe Alfred elle choisit la séduction et cela fonctionne. Mais l’amoureux transit Francis Carole est malheureux.

Mais peut-on définir l’amour ? Ti-karole sait sans doute que l’amour est un sujet pour les philosophes et a inspiré les champs les plus déchirants, les meilleurs romans, les comédies irrésistibles. Aussi l’amour se dit en effet en plusieurs sens : amour humain, amour divin, amour paternel, amour maternel, amour de l’andouillette, l’amour Gros-Morne…mais en politique c’est différent.

L’AMOUR DE NOTRE ROUSSETTE :En politique le concept est sans ambigüité c’est l’amour ruse pour la réalisation d’un objectif sans la tension érotique vers autrui, avec tout son cortège de sentiments, d’affects, d’actions, de paroles. Karyne va tout obtenir maintenant et le pauvre Miguel  sera le bec dans l’eau, car le CMT n’est l’ancienne officine Jacky Guanel. En tout cas, Alfred Rocher zombi sait que « seul l’amour peut garder quelqu’un vivant. »  Comme disait Oscar Wilde.  Alors soyons attentif  à l’attitude du président de l’exécutifi après cette photo « doucine à sec ».

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Dégras « le doucineur » vrai déchet du système Par Ramsès II

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DIABLEEn direct de l’Île Bourbon : Pas une action, ni un membre de la nouvelle majorité régionale qui trouve un seul jour, grâce à ses yeux. Pas une initiative qui mérite au moins d’être présentée, relatée. Et pourtant, il s’affiche « Site d’actualités ».Véritable « rest-avec » du populisme local, il répand juste en fonction de sa singulière subjectivité, son Tabasco rassis. Aucune règle, aucune déontologie, juste un besoin viscéral orgasmique de « pété tchou moun ». Ces « moun » sont ciblés, parfaitement ciblés et pour cause.

Ce « doussineur » de moyens publics menait grand train au temps de la splendeur mimiste à l’hôtel de Plateau Roy. L’habitude n’avait pas été perdue car certaines coutumes ont la vie dure. Après l’élection en 2010, bénéficiant certainement de quelque facilité résiduelle  en interne, on voyait régulièrement sa silhouette hanter les couloirs, fouiner dans les bureaux, bouffer le temps de travail de certains pour le « milan »… Son énorme sac à dos qui finalement n’abritait qu’une modeste tablette (mais il faut faire pro) faisait corps et partie intégrante du bonhomme.

Il avait l’habitude de petits et nombreux avantages  et on ne pouvait échapper entre autres à son invitation princière dans le bateau présidentiel (payé par la collectivité) qui suivait chaque année le Tour des Yoles rest-avec dévoué et servi en retour ? La nouvelle gouvernance a eu le courage de stopper ça net. Et le dernier épisode en date a été son éviction définitive de la cantine du personnel. Tous les midis ou presque, ce Monsieur avait table ouverte « doussinant » ainsi les moyens publics dédiés à l’administration régionale. Le repas à tarif réduit, compensé par des fonds publics et strictement dédié bénéficiait à ce »doussineur » qui trouvait ainsi pitance quotidienne de la manière la plus illégale qui soit.

Le coup d’arrêt de ces pratiques engraissantes et bienfaisantes de la nouvelle majorité ne cesseront, on le sait bien de déclencher la colère terrible de notre fiole de Tabasco.Porte-drapeau de la  vertu incarnée, redresseur de torts devant l’éternel (de certains, bien évidemment), partisan invétéré de la cause pseudo-patriotique, il s’est vu dernièrement missionner pour assurer la surveillance des plages à requins de la commune Saint-Gilles, à la Réunion en hommage à son auguste prénom.

On dit ici ou là que les békés qui pourtant le nourrissaient en publicité l’aurait convoyé loin d’eux.Gageons qu’il devrait trouver une nouvelle utilité à sa fiole de Tabasco pour un bon touffé rétchin. On lui souhaite déjà bon appétit !Ramses II.

 

 

 

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BOLIVARISME ET SOCIALISME DANS LE VENEZUELA D’HUGO CHAVEZ Par Lioubov SOBOLEVSKAÏA ET Lilia DROMACHKO,

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REDACTION DU NAïF :« L’une des principales mesures prises par Chavez a été d’établir un contrôle sur l’extraction du pétrole, ce qui a augmenté de plusieurs milliards de dollars les recettes provenant de la vente de combustible. La plus grande part des pétrodollars est consacrée au secteur social. Hugo Chavez a mis en oeuvre une réforme foncière fondamentale prévoyant l’octroi de crédits et de terres aux paysans. Tout l’enseignement, même universitaire, est devenu gratuit, les dépenses pour l’enseignement sont passées de 3 à 7% du PIB. L’introduction de l’assistance médicale gratuite a permis de réduire considérablement la mortalité infantile. Tout cela est observé dans un pays où 80% de la population vivait jusqu’à ces derniers temps dans une réelle misère ! »
Le président vénézuélien Hugo Chavez fait dans le monde entier la propagande des idées de Simon Bolivar, libérateur de l’Amérique latine du joug espagnol. Même le nom du pays a été modifié en 2000, il s’appelle maintenant la République bolivarienne du Venezuela. Hugo Chavez se considère comme un nationaliste et un révolutionnaire du genre de Simon Bolivar.
 
Attaché aux principes de l’idéologie du « bolivarisme », Hugo Chavez conduit son pays depuis dix ans sur la voie des réformes sociales. L’une des principales mesures qu’il a prises a été d’établir un contrôle sur l’extraction du pétrole, ce qui a augmenté de plusieurs milliards de dollars les recettes provenant de la vente de combustible. La plus grande part des pétrodollars est consacrée au secteur social. Hugo Chavez a mis en oeuvre une réforme foncière fondamentale prévoyant l’octroi de crédits et de terres aux paysans. Tout l’enseignement, même universitaire, est devenu gratuit, les dépenses pour l’enseignement sont passées de 3 à 7% du PIB. L’introduction de l’assistance médicale gratuite a permis de réduire considérablement la mortalité infantile. Tout cela est observé dans un pays où 80% de la population vivait jusqu’à ces derniers temps dans une réelle misère !
 
L’objectif principal de la politique extérieure d’Hugo Chavez est de réunir les pays d’Amérique du Sud au sein d’une union économique et politique, indépendante vis-à-vis de l’hégémonie des Etats-Unis. Le dernier plan grandiose prévoit l’édification du socialisme au Venezuela. A cette fin, Hugo Chavez a introduit dans le pays un système d’administration présidentielle directe. Le leader vénézuélien est certain que ces pouvoirs extraordinaires lui permettront de réaliser une révolution socialiste du XXIe siècle.
 
Au cours de la cérémonie officielle d’investiture d’Hugo Chavez au poste de président du pays pour la période de 2007 à 2013, contrairement à la tradition, il a déplacé l’écharpe présidentielle de l’épaule droite à l’épaule gauche, afin de souligner ses convictions.
 
Prononçant un discours devant l’assistance, Hugo Chavez a confirmé son orientation vers l’édification du « socialisme vénézuélien », il a déclaré qu’il avait l’intention de nationaliser les réseaux énergétiques et les télécommunications du pays, et pris plusieurs initiatives visant à transformer le Venezuela en un pays dont la voix serait entendue sur le continent sud-américain, mais aussi au-delà de ses limites.
 
Hugo Chavez a récemment annoncé la création de 200 « entreprises socialistes » dans des secteurs stratégiques aussi importants que l’agriculture, les industries agro-alimentaire, légère, chimique, automobile et électronique. Son objectif est de réduire les importations et de passer à l’autosuffisance totale. Hugo Chavez a également annoncé le lancement de la fabrication des premiers ordinateurs, téléphones portables, automobiles et deux-roues, dont l’assemblage est effectué au Venezuela avec l’assistance technique de la Chine et de l’Iran.
 
Le 1er mai, conformément à la loi adoptée sur la nationalisation, les exploitations pétrolières où travaillent les compagnies américaines ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips, la compagnie britannique British Petroleum, la société française Total et la compagnie norvégienne Statoil ont été placées sous la gestion de la corporation pétro-gazière publique Petroleos de Venezuela (PDVSA). Cette corporation contrôlera environ 60% des titres des actifs pétroliers, alors que les compagnies étrangères peuvent conserver des paquets d’actions minoritaires. Selon Hugo Chavez, l’ère de la privatisation du pétrole vénézuélien s’est achevée, et le Venezuela a rétabli son contrôle sur ce secteur stratégique d’importance primordiale.
 
Hugo Chavez s’efforce de mettre fin au retard et à la dépendance du Venezuela vis-à-vis des Etats-Unis, mais pas seulement. Pour atteindre cet objectif, le président vénézuélien oeuvre en vue de créer une Communauté bolivarienne prévoyant une coopération politique, mais aussi économique, entre autres, la construction de gazoducs et d’oléoducs transatlantiques, et le programme d’exploitation des gisements de pétrole et de gaz du bassin de l’Orénoque. L’activité internationale et les réserves de pétrole assurent au Venezuela une place sans équivalent dans l’arène régionale.
 
Pendant la guerre froide, sur le continent américain, seul Fidel Castro était considéré comme ennemi juré des Etats-Unis. A présent, ces leaders sont nombreux, qui plus est sans le soutien de l’URSS disparue. Les points de vue antiaméricains sont partagés, dans telle ou telle mesure, par Evo Morales en Bolivie, Lula da Silva au Brésil, Nestor Kirchner en Argentine, Tabaré Vasquez en Uruguay, et même par Michelle Bachelet au Chili, pays traditionnellement pro-américain. Quoi qu’il en soit, le Venezuela se considère comme la locomotive de l’intégration latino-américaine. « L’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud sont des continents tout à fait différents », répète Hugo Chavez.
 
Aspirant à la prospérité du Venezuela et au renforcement du bloc antiaméricain mondial, le président Hugo Chavez ne se borne pas au cadre de l’Amérique latine. Le prestige du pays riche en pétrole et de son leader s’accroît rapidement dans d’autres régions, en premier lieu en Asie et au Proche-Orient.
 
Le Venezuela est devenu l’un des principaux fournisseurs de combustible à la Chine. Les deux pays prévoient de construire trois raffineries de pétrole sur le territoire chinois et une flotte de pétroliers. Un accord syro-vénézuélien signé à Damas prévoit la création d’une compagnie mixte pour construire des raffineries de pétrole sur le territoire de la Syrie, qui exporte actuellement du brut à perte. Le président du Venezuela a fait preuve de sa volonté d’aider Damas à redresser cette situation. En réponse, Bachar al-Assad a placé Hugo Chavez parmi les « principaux amis du monde arabe ».
 
Chavez a récemment lancé un nouveau défi à l’Amérique. Du haut de la tribune de la 14e Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement du Mouvement des non-alignés, il a déclaré que chaque Etat, y compris le Venezuela, devait avoir le droit aux programmes nucléaires. Selon lui, le Venezuela est intéressé par le développement du nucléaire civil, dans la mesure où il doit se préparer au moment où les réserves de pétrole s’épuiseront.
 
Les rapports entre le Venezuela et la Russie se développent également. De grandes compagnies minières russes participent à l’exploitation de gisements d’hydrocarbures au Venezuela. Des contrats bilatéraux de livraison d’armements pour 3 milliards de dollars ont été conclus au cours de la visite d’Hugo Chavez en Russie en juillet 2006. Ces ententes ont suscité une tempête d’indignation à Washington. Mais les Etats-Unis n’ont pu empêcher la transaction russo-vénézuélienne.
 
Hugo Chavez considère la Russie comme un puissant pôle du monde multipolaire. Séjournant à Moscou en 2001, il a prononcé une phrase traduisant le fond de son approche : « La Russie s’élève sur les espaces de l’Eurasie pour assurer un équilibre dans le monde. Nous avons besoin d’une Russie forte pour parvenir à l’égalité ». Hugo Chavez et son équipe manifestent nettement leur aspiration à conférer une dynamique positive aux rapports avec la Russie. Sur le plan politique, des pourparlers et des consultations intenses ont lieu régulièrement à divers niveaux. Le Venezuela est objectivement intéressé aux hautes technologies que la Russie possède dans les secteurs militaires. Les acquis du Venezuela dans la pétrochimie peuvent en retour être employés avec succès en Russie.
 
La composante politique du dialogue russo-vénézuélien est également importante. Le Venezuela, de même que ses nombreux voisins dans la région, partage la façon dont la Russie aborde les problèmes cruciaux de l’ordre mondial contemporain, il soutient entièrement la conception russe du monde multipolaire. Moscou et Caracas coopèrent en outre au sein des organisations internationales, pour l’essentiel, à l’ONU.
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