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CHRISTIANE TAUBIRA APRES LE NON GUYANAIS S’EXPRIME…

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Par LUPOURVOUS : Comme en Martinique le Guyane a dit non et certains élus trouvent dont Christiane Taubira cherche à comprendre et ne comprennent toujours pas.
En tout cas,elle ne traite pas ses électeurs avec mépris comme le fait les Ouisistes de Lartinique.
Pour Christiane Taubira, « le refus de l’autonomie en Guyane est un cri de détresse »

ND:Le « non » massif sorti des urnes ce dimanche n’est-il pas tout simplement un vote de défiance envers les élus locaux, auxquels les électeurs ne souhaitent pas donner plus de pouvoir ?

Christiane Taubira : Il y a une part de ça, c’est indiscutable. Pendant la campagne, il y a eu une appréciation très sévère du bilan de l’équipe régionale sortante. C’est un argument qui a fait mouche car, effectivement, il y a à débattre.
Je ne suis pas élue locale et, pendant des années, j’ai été moi-même très critique sur la gestion régionale. Mais nous devions voter pour ou contre l’article 74. C’est un article de la Constitution qui nous donne l’occasion de définir un projet territorial et de négocier avec l’Etat la réalisation d’un schéma de développement qui serait propre à la Guyane. Les pro-74, dont je faisais partie, voulaient saisir cette opportunité.

Les anti-74 ont fait croire que, au deuxième scrutin qui sera organisé le 24 janvier, on aurait un article 73 aménagé, donc un changement prétendument plus en douceur. De toute façon, il n’était pas raisonnable de demander aux citoyens de devenir des spécialistes du droit constitutionnel.
Face à ces questions, tous les arguments, et leur contraire, pouvaient faire mouche. Mais la ruse première a été, de la part du président de la République, d’imposer deux consultations, alors qu’une seule lui était demandée, et ainsi de faire croire aux électeurs qu’ils auraient une session de rattrapage.

ND : Avec la victoire du « non », les DOM ne s’enferment-ils pas dans une situation de dépendance à l’égard de la métropole, en refusant plus d’autonomie ?

Christiane Taubira : Ce rejet d’une possibilité de disposer de plus de libertés et de responsabilités locales correspond effectivement au maintien d’une situation où l’on subit des lois nationales inadaptées à nos économies, à nos sociologies et à notre position géographique.
Tant que nous restons dans l’article 73, nous relevons du droit commun, et les décisions pour l’essentiel sont prises en fonction des urgences et des priorités de la société française. Une société qui n’est pas au même stade des réalités historiques, économiques et sociales de la Guyane.

Il est certain que, alors qu’on comprend partout qu’il faut prendre un certain nombre de décisions au plus près du citoyen, ce refus est contraire à une dynamique de rationalité et d’efficacité de l’action publique. Au lieu d’expliquer aux gens qu’il est urgent de sortir de cette dépendance, on leur a fait croire qu’il y avait des risques de perdre ces revenus de dépendance (revenus sociaux, taux d’importation), ce qui est faux.

Christophe Sirodot : Plutôt que de débattre des questions institutionnelles, n’est-il pas plus urgent d’apporter des réponses concrètes aux problèmes du chômage et du pouvoir d’achat ?

Christiane Taubira : La situation économique est effectivement très difficile. Lorsque les indicateurs économiques et sociaux sont les suivants : 30 % de chômage, 55 % chez les jeunes, 85 % de dépendance à l’importation pour la consommation, à peu près 20 % de personnes dépendant des minima et revenus sociaux et un taux de croissance démographique de 3,8 % par an, cela veut dire, pour le quotidien des gens, des difficultés matérielles, une angoisse liée à leur fragilité économique et l’absence de perspectives.
Les responsables politiques doivent définir les actions publiques et les conditions dans lesquelles on apporte des réponses durables à ces difficultés.

Louise B. : Les populations antillaise et guyanaise se sont mobilisées l’an dernier contre la cherté de la vie. La situation a-t-elle évolué depuis ?

Christiane Taubira : Non, la situation n’a pas évolué, parce que l’Etat s’est contenté d’un cautère sur une jambe de bois. Sur le prix des carburants, qui a tout fait flamber, il s’est contenté d’installer un observatoire des prix sans aucun pouvoir d’investigation ni de sanction.
Il a gelé les prix, mais a recommencé à les augmenter sans avoir réformé le dispositif de fixation des prix administrés. Il a imposé une baisse de prix sur certains produits et s’est contenté de constater que ces produits avaient disparu des rayons.

L’Etat n’a procédé à aucune réforme de fond sur nos économies organisées pour la dépendance, il n’a donc pas touché aux situations de rente des négociants et importateurs, qui fragilisent les productions locales.
Et on peut penser que le refus de l’autonomie est un cri de détresse de personnes qui se disent que, si en étant totalement sous la responsabilité de l’Etat il y a si peu d’initiatives en faveur des citoyens, qu’est-ce que cela risque d’être si on ne peut même plus obliger l’Etat à faire.

Tina T. : Est-ce qu’une autonomie accrue aurait été une solution à ces problèmes socio-économiques ?

Christiane Taubira : Pour la Guyane, une autonomie accrue consacrée à réaliser un projet de développement aurait bien sûr permis de réduire le chômage, de réduire les importations de biens, de marchandises, de rationaliser les modèles de consommation, de créer des richesses, de générer des revenus.
C’est possible parce que nous avons un grand territoire terrestre, avec des ressources naturelles, une biodiversité, donc des possibilités de métiers d’environnement, de métiers d’artisanat, de métiers industriels.

Et nous avons aussi un grand territoire marin dont le plateau continental a été étendu l’année dernière, avec à la fois des ressources halieutiques, des ressources minérales et des ressources énergétiques.
Il est possible pour la Guyane de concevoir un développement vertueux qui réponde à la fois au souci que nous avons de préserver la forêt amazonienne et de respecter sa fragilité – ainsi que sa contribution à la lutte contre le réchauffement climatique (par la séquestration du carbone) –, et à la nécessité de développer des activités qui permettent à la jeunesse d’accéder à un emploi, donc à une vie sociale.

Cerrumios : Quel vont être selon vous les conséquences de ces scrutins sur les élections régionales à venir ?

Christiane Taubira : Ceux qui se refont une vertu à l’ombre de la victoire du « non » s’imaginent que les électeurs sont amnésiques et ont oublié leur participation aux exécutifs territoriaux, donc au pouvoir local.
Je crois, pour l’avoir abondamment entendu pendant la campagne, que les citoyens font la part des responsabilités des uns et des autres et qu’ils peuvent avoir suivi un mot d’ordre sans forcément faire confiance à certains partisans du « non » et ne pas avoir suivi un mot d’ordre tout en gardant leur confiance à des élus favorables au « oui ». Les régionales serviront à éclaircir tout cela.

Garry : Quelles sont selon vous les options qui restent aux ultramarins pour bénéficier d’un traitement proche de celui des métropolitains au niveau économique et social ?

Christiane Taubira : Il n’y en a pas. Le rendez-vous du 10 janvier était un rendez-vous d’opportunité. Ce n’était pas le processus idéal, mais il était ainsi. Il offrait une occasion d’engager avec l’Etat des discussions sur le fond.
Désormais, les options sont soit la réforme administrative, c’est-à-dire une extension aux collectivités de la politique drastique de réduction des effectifs dans la fonction publique, soit, éventuellement, la réforme territoriale proposée par Edouard Balladur. Mais tout cela reste dans le champ juridique et institutionnel et ne traite absolument pas des problèmes des gens. Ça ne concerne absolument pas les grands dossiers.

Garry Weishaupt : Serez-vous candidate aux régionales en Guyane ?

Christiane Taubira : Je réserve ma décision à après le scrutin du 24. Les problèmes de la Guyane sont extrêmement graves. La jeunesse représente 60 % de la population, et la moitié n’a pas d’emploi. Nos jeunes sont éjectés des lycées car il n’y a pas assez de places. Ils ne sont pas accueillis en formation parce qu’il n’y a pas assez d’options et que celle-ci est frappée par un taux de chômage de 55 %.

Le territoire est dans un état de pillage (l’orpaillage clandestin), et d’extraversion (exploration du pétrole par une multinationale). Si la mission principale de la région consiste uniquement à faire de la fusion administrative, je réfléchirai au lieu et aux conditions les plus efficaces pour servir l’intérêt général.
Les urgences et les priorités sont d’arracher cette jeunesse à la déréliction, de recréer le lien social, de dissoudre les enclaves ethniques afin de construire de la cohésion, de normaliser les relations avec les pays voisins, bref, de dégager l’horizon pour redonner de l’espoir.

Source le Monde.
Auteur : Marc FORTUNE

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Karyne Mousseau amoureuse du faux-Chabin ? Par péi kréolopal

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Rédaction du Naïf. C’est bien Karyne Mousseau qui faisait des leçons de conduite aux politiques avec son texte « Jambé pak. » En  tout cas au lieu de faire la guerre au psychopathe Alfred elle choisit la séduction et cela fonctionne. Mais l’amoureux transit Francis Carole est malheureux.

Mais peut-on définir l’amour ? Ti-karole sait sans doute que l’amour est un sujet pour les philosophes et a inspiré les champs les plus déchirants, les meilleurs romans, les comédies irrésistibles. Aussi l’amour se dit en effet en plusieurs sens : amour humain, amour divin, amour paternel, amour maternel, amour de l’andouillette, l’amour Gros-Morne…mais en politique c’est différent.

L’AMOUR DE NOTRE ROUSSETTE :En politique le concept est sans ambigüité c’est l’amour ruse pour la réalisation d’un objectif sans la tension érotique vers autrui, avec tout son cortège de sentiments, d’affects, d’actions, de paroles. Karyne va tout obtenir maintenant et le pauvre Miguel  sera le bec dans l’eau, car le CMT n’est l’ancienne officine Jacky Guanel. En tout cas, Alfred Rocher zombi sait que « seul l’amour peut garder quelqu’un vivant. »  Comme disait Oscar Wilde.  Alors soyons attentif  à l’attitude du président de l’exécutifi après cette photo « doucine à sec ».

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Dégras « le doucineur » vrai déchet du système Par Ramsès II

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DIABLEEn direct de l’Île Bourbon : Pas une action, ni un membre de la nouvelle majorité régionale qui trouve un seul jour, grâce à ses yeux. Pas une initiative qui mérite au moins d’être présentée, relatée. Et pourtant, il s’affiche « Site d’actualités ».Véritable « rest-avec » du populisme local, il répand juste en fonction de sa singulière subjectivité, son Tabasco rassis. Aucune règle, aucune déontologie, juste un besoin viscéral orgasmique de « pété tchou moun ». Ces « moun » sont ciblés, parfaitement ciblés et pour cause.

Ce « doussineur » de moyens publics menait grand train au temps de la splendeur mimiste à l’hôtel de Plateau Roy. L’habitude n’avait pas été perdue car certaines coutumes ont la vie dure. Après l’élection en 2010, bénéficiant certainement de quelque facilité résiduelle  en interne, on voyait régulièrement sa silhouette hanter les couloirs, fouiner dans les bureaux, bouffer le temps de travail de certains pour le « milan »… Son énorme sac à dos qui finalement n’abritait qu’une modeste tablette (mais il faut faire pro) faisait corps et partie intégrante du bonhomme.

Il avait l’habitude de petits et nombreux avantages  et on ne pouvait échapper entre autres à son invitation princière dans le bateau présidentiel (payé par la collectivité) qui suivait chaque année le Tour des Yoles rest-avec dévoué et servi en retour ? La nouvelle gouvernance a eu le courage de stopper ça net. Et le dernier épisode en date a été son éviction définitive de la cantine du personnel. Tous les midis ou presque, ce Monsieur avait table ouverte « doussinant » ainsi les moyens publics dédiés à l’administration régionale. Le repas à tarif réduit, compensé par des fonds publics et strictement dédié bénéficiait à ce »doussineur » qui trouvait ainsi pitance quotidienne de la manière la plus illégale qui soit.

Le coup d’arrêt de ces pratiques engraissantes et bienfaisantes de la nouvelle majorité ne cesseront, on le sait bien de déclencher la colère terrible de notre fiole de Tabasco.Porte-drapeau de la  vertu incarnée, redresseur de torts devant l’éternel (de certains, bien évidemment), partisan invétéré de la cause pseudo-patriotique, il s’est vu dernièrement missionner pour assurer la surveillance des plages à requins de la commune Saint-Gilles, à la Réunion en hommage à son auguste prénom.

On dit ici ou là que les békés qui pourtant le nourrissaient en publicité l’aurait convoyé loin d’eux.Gageons qu’il devrait trouver une nouvelle utilité à sa fiole de Tabasco pour un bon touffé rétchin. On lui souhaite déjà bon appétit !Ramses II.

 

 

 

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BOLIVARISME ET SOCIALISME DANS LE VENEZUELA D’HUGO CHAVEZ Par Lioubov SOBOLEVSKAÏA ET Lilia DROMACHKO,

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REDACTION DU NAïF :« L’une des principales mesures prises par Chavez a été d’établir un contrôle sur l’extraction du pétrole, ce qui a augmenté de plusieurs milliards de dollars les recettes provenant de la vente de combustible. La plus grande part des pétrodollars est consacrée au secteur social. Hugo Chavez a mis en oeuvre une réforme foncière fondamentale prévoyant l’octroi de crédits et de terres aux paysans. Tout l’enseignement, même universitaire, est devenu gratuit, les dépenses pour l’enseignement sont passées de 3 à 7% du PIB. L’introduction de l’assistance médicale gratuite a permis de réduire considérablement la mortalité infantile. Tout cela est observé dans un pays où 80% de la population vivait jusqu’à ces derniers temps dans une réelle misère ! »
Le président vénézuélien Hugo Chavez fait dans le monde entier la propagande des idées de Simon Bolivar, libérateur de l’Amérique latine du joug espagnol. Même le nom du pays a été modifié en 2000, il s’appelle maintenant la République bolivarienne du Venezuela. Hugo Chavez se considère comme un nationaliste et un révolutionnaire du genre de Simon Bolivar.
 
Attaché aux principes de l’idéologie du « bolivarisme », Hugo Chavez conduit son pays depuis dix ans sur la voie des réformes sociales. L’une des principales mesures qu’il a prises a été d’établir un contrôle sur l’extraction du pétrole, ce qui a augmenté de plusieurs milliards de dollars les recettes provenant de la vente de combustible. La plus grande part des pétrodollars est consacrée au secteur social. Hugo Chavez a mis en oeuvre une réforme foncière fondamentale prévoyant l’octroi de crédits et de terres aux paysans. Tout l’enseignement, même universitaire, est devenu gratuit, les dépenses pour l’enseignement sont passées de 3 à 7% du PIB. L’introduction de l’assistance médicale gratuite a permis de réduire considérablement la mortalité infantile. Tout cela est observé dans un pays où 80% de la population vivait jusqu’à ces derniers temps dans une réelle misère !
 
L’objectif principal de la politique extérieure d’Hugo Chavez est de réunir les pays d’Amérique du Sud au sein d’une union économique et politique, indépendante vis-à-vis de l’hégémonie des Etats-Unis. Le dernier plan grandiose prévoit l’édification du socialisme au Venezuela. A cette fin, Hugo Chavez a introduit dans le pays un système d’administration présidentielle directe. Le leader vénézuélien est certain que ces pouvoirs extraordinaires lui permettront de réaliser une révolution socialiste du XXIe siècle.
 
Au cours de la cérémonie officielle d’investiture d’Hugo Chavez au poste de président du pays pour la période de 2007 à 2013, contrairement à la tradition, il a déplacé l’écharpe présidentielle de l’épaule droite à l’épaule gauche, afin de souligner ses convictions.
 
Prononçant un discours devant l’assistance, Hugo Chavez a confirmé son orientation vers l’édification du « socialisme vénézuélien », il a déclaré qu’il avait l’intention de nationaliser les réseaux énergétiques et les télécommunications du pays, et pris plusieurs initiatives visant à transformer le Venezuela en un pays dont la voix serait entendue sur le continent sud-américain, mais aussi au-delà de ses limites.
 
Hugo Chavez a récemment annoncé la création de 200 « entreprises socialistes » dans des secteurs stratégiques aussi importants que l’agriculture, les industries agro-alimentaire, légère, chimique, automobile et électronique. Son objectif est de réduire les importations et de passer à l’autosuffisance totale. Hugo Chavez a également annoncé le lancement de la fabrication des premiers ordinateurs, téléphones portables, automobiles et deux-roues, dont l’assemblage est effectué au Venezuela avec l’assistance technique de la Chine et de l’Iran.
 
Le 1er mai, conformément à la loi adoptée sur la nationalisation, les exploitations pétrolières où travaillent les compagnies américaines ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips, la compagnie britannique British Petroleum, la société française Total et la compagnie norvégienne Statoil ont été placées sous la gestion de la corporation pétro-gazière publique Petroleos de Venezuela (PDVSA). Cette corporation contrôlera environ 60% des titres des actifs pétroliers, alors que les compagnies étrangères peuvent conserver des paquets d’actions minoritaires. Selon Hugo Chavez, l’ère de la privatisation du pétrole vénézuélien s’est achevée, et le Venezuela a rétabli son contrôle sur ce secteur stratégique d’importance primordiale.
 
Hugo Chavez s’efforce de mettre fin au retard et à la dépendance du Venezuela vis-à-vis des Etats-Unis, mais pas seulement. Pour atteindre cet objectif, le président vénézuélien oeuvre en vue de créer une Communauté bolivarienne prévoyant une coopération politique, mais aussi économique, entre autres, la construction de gazoducs et d’oléoducs transatlantiques, et le programme d’exploitation des gisements de pétrole et de gaz du bassin de l’Orénoque. L’activité internationale et les réserves de pétrole assurent au Venezuela une place sans équivalent dans l’arène régionale.
 
Pendant la guerre froide, sur le continent américain, seul Fidel Castro était considéré comme ennemi juré des Etats-Unis. A présent, ces leaders sont nombreux, qui plus est sans le soutien de l’URSS disparue. Les points de vue antiaméricains sont partagés, dans telle ou telle mesure, par Evo Morales en Bolivie, Lula da Silva au Brésil, Nestor Kirchner en Argentine, Tabaré Vasquez en Uruguay, et même par Michelle Bachelet au Chili, pays traditionnellement pro-américain. Quoi qu’il en soit, le Venezuela se considère comme la locomotive de l’intégration latino-américaine. « L’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud sont des continents tout à fait différents », répète Hugo Chavez.
 
Aspirant à la prospérité du Venezuela et au renforcement du bloc antiaméricain mondial, le président Hugo Chavez ne se borne pas au cadre de l’Amérique latine. Le prestige du pays riche en pétrole et de son leader s’accroît rapidement dans d’autres régions, en premier lieu en Asie et au Proche-Orient.
 
Le Venezuela est devenu l’un des principaux fournisseurs de combustible à la Chine. Les deux pays prévoient de construire trois raffineries de pétrole sur le territoire chinois et une flotte de pétroliers. Un accord syro-vénézuélien signé à Damas prévoit la création d’une compagnie mixte pour construire des raffineries de pétrole sur le territoire de la Syrie, qui exporte actuellement du brut à perte. Le président du Venezuela a fait preuve de sa volonté d’aider Damas à redresser cette situation. En réponse, Bachar al-Assad a placé Hugo Chavez parmi les « principaux amis du monde arabe ».
 
Chavez a récemment lancé un nouveau défi à l’Amérique. Du haut de la tribune de la 14e Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement du Mouvement des non-alignés, il a déclaré que chaque Etat, y compris le Venezuela, devait avoir le droit aux programmes nucléaires. Selon lui, le Venezuela est intéressé par le développement du nucléaire civil, dans la mesure où il doit se préparer au moment où les réserves de pétrole s’épuiseront.
 
Les rapports entre le Venezuela et la Russie se développent également. De grandes compagnies minières russes participent à l’exploitation de gisements d’hydrocarbures au Venezuela. Des contrats bilatéraux de livraison d’armements pour 3 milliards de dollars ont été conclus au cours de la visite d’Hugo Chavez en Russie en juillet 2006. Ces ententes ont suscité une tempête d’indignation à Washington. Mais les Etats-Unis n’ont pu empêcher la transaction russo-vénézuélienne.
 
Hugo Chavez considère la Russie comme un puissant pôle du monde multipolaire. Séjournant à Moscou en 2001, il a prononcé une phrase traduisant le fond de son approche : « La Russie s’élève sur les espaces de l’Eurasie pour assurer un équilibre dans le monde. Nous avons besoin d’une Russie forte pour parvenir à l’égalité ». Hugo Chavez et son équipe manifestent nettement leur aspiration à conférer une dynamique positive aux rapports avec la Russie. Sur le plan politique, des pourparlers et des consultations intenses ont lieu régulièrement à divers niveaux. Le Venezuela est objectivement intéressé aux hautes technologies que la Russie possède dans les secteurs militaires. Les acquis du Venezuela dans la pétrochimie peuvent en retour être employés avec succès en Russie.
 
La composante politique du dialogue russo-vénézuélien est également importante. Le Venezuela, de même que ses nombreux voisins dans la région, partage la façon dont la Russie aborde les problèmes cruciaux de l’ordre mondial contemporain, il soutient entièrement la conception russe du monde multipolaire. Moscou et Caracas coopèrent en outre au sein des organisations internationales, pour l’essentiel, à l’ONU.
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