Connect with us

ECONOMIE

L’EPANDAGE AERIEN VERITABLE IMPASSE ECOLOGICONOMIQUE Par Camille CHAUVET

Published

on

Rédaction du NAIF : Les activistes non aujourd’hui sur la question de l’épandage aérien étaient bien muets en février 2009, ces messieurs aux services de causes indéfendables oublient qui était le président de Région en 2009 aux affaires régionales et qui n’a rien fait. Il faut le dire, car accuser la Région mandature Letchimy d’être responsable de l’impasse écologiconomique actuelle relève de l’obscénité politique.
Tout commence par ce projet de directive du Parlement Européen qui vise à obliger les pays membres dès 2011 à adopter des plans nationaux afin de réduire les risques et conséquences de l’utilisation des pesticides et de l’épandage aérien. Tous nos écologistes le savaient et surtout avaient pleinement connaissance de l’utilisation du pesticide faisant problème aujourd’hui. Face au dictateur de Cluny Alfred Marie-Jeanne, ils n’osaient pas bouger, mais sans surprise en 2012 avec le dispositif de parole libérée mis en place par Serge Lectchimy, nos indépendantistes populistes jouent-sans succès- à la déstabilisation de l’institution régionale sur tous les problèmes qui secouent notre société martiniquaise. Cette affaire de l’épandage aérien de pesticide en est un exemple.

LA DIRECTIVE 2004

Revenons en 2009,l’Etat français demandait aux élus en gestion du pays Martinique , en la circonstance le couple- Alfred Marie-Jeanne et le médecin Claude Lise- qu’en attendant l’application des plans nationaux visant à réduire les risques et conséquences de l’utilisation des pesticides et de l’épandage aérien que soit respecté l’arrêté du 04 mars 2004 paru au JO du 24 mars 2004 visant à :interdire les produits classés toxiques et très toxiques respecter une distance minimale de 50 mètres des habitations et jardins, littoral maritime, points d’eau consommables, parcs d’élevage,…porter à la connaissance du public notamment par voie d’affichage, la réalisation de traitements lorsqu’il s’agit d’un traitement aérien sur un couvert végétal ne permettant pas au pilote de l’aéronef de s’assurer de l’absence de personne dans la zone à traiter.

LA MISE EN GARDE LETCHIMY EN 2009

Dès cette période, le Député Serge Letchimy alertait l’opinion publique, les associations écologiques et aussi les autres députés en déclarant : « Conscient des enjeux du développement économique, et de la production de banane en particulier, j’ai fermement soutenu, à l’occasion des débats du Grenelle de l’environnement, la priorité à la santé et aux Hommes. J’émets le souhait que dans les deux ans à venir une mobilisation de tous les acteurs « fasse avancer la recherche vers des alternatives déterminantes susceptibles de promouvoir le développement économique, protéger les habitants et l’environnement. ».
Le président de Région de l’époque en fin de règne-Région Alfred Marie-Jeanne n’a jamais entendu cette déclaration… C’est vrai qu’elle vient de Serge Letchimy, là une fois de plus l’égo surdimensionné prenait le pas sur tout le reste et aucune mesure n’a été mise en place par le président de Région de l’époque et encore moins pas son vassal Claude Lise.

Trois ans plus tard, l’impasse écologiconomique doit être gérée par le Président de Région Serge Letchimy qui comme le dit le président de l’ASSAUPAMAR : « Serge Letchimy se met la pression » et au bout du jeu les élus sont impliqués de fait car dès le mois de décembre 2011 une motion de l’Assemblée de Cluny le 1erDécembre 2011, est approuvée à l’occasion d’une assemblée plénière. « Les conseillers régionaux, réunis ce jour en séance plénière s’opposent au principe de l’épandage aérien de pesticides. Ils considèrent qu’il convient de mettre en œuvre pour le traitement de la Cercosporiose d’autres procédés. Ils décident à cet effet, la mise en place d’un groupe de travail composé d’élus régionaux auquel il invite à participer l’état, le Conseil général, la chambre d’agriculture, les professionnels, les organismes scientifiques et techniques (INRA, CEMAGREF, …) et toute personne qualifiée utile. Ce groupe doit, dans un délai maximum de 3 mois, proposer des solutions alternatives qui préservent les intérêts économiques environnementaux et de santé publique de la Martinique. Ces solutions alternatives visant l’arrêt définitif de l’épandage aérien en Martinique, doivent être mise en œuvre dans un délai maximum de 6 mois. »

L’IMPASSE ECOLOGICONOMIQUE

Suite à cette motion, 13 séances de travail se sont tenues depuis le mois de Décembre 2012, au cours desquelles ont été soulevées les problématiques posées par le traitement des Cercosporioses, et plus largement la culture de la banane.Ces échanges ont également donné lieu à des expérimentations sur des dispositifs autoportés. La restitution de tous ces travaux a été effectuée le Mercredi 25 juillet 2012, au Conseil régional de Martinique.Mais l’impasse demeure…les élus ont quand même pris position lors de la dernière plénière Les conseillers régionaux réunis en Assemblée Plénière le 26 Juillet 2012, par la motion suivante :
■rappellent leur position exprimée lors de la séance plénière du 1er Décembre 2011 contre l’épandage aérien;
■afin d’éviter les dérogations excessives, demandent la mise en place, dans les meilleurs délais, de méthodes de substitution;
■rappellent la nécessité d’avoir dans les plus brefs délais des certitudes sur la toxicité ou non des produits utilisés pour le traitement des cercosporioses;
■proposent d’accompagner la filière bananière afin de trouver au plus vite des alternatives au traitement par épandage des cercosporioses des bananiers;
■décident de maintenir le groupe de travail mis en place le 1er décembre 2011 en vue d’accompagner les efforts pour atteindre notamment l’objectif d’un traitement alternatif;
■décident de poursuivre les efforts pour une agriculture diversifiée.
Une solution de bons sens car entre les députés qui disent en privé  de continuer l’épandage et dans les médias d’arrêter il faut arrêter. Le flouté fé mwen pa oué   et dire que les fouteurs de fer sont des empoisonneurs…Vraiment c’est la honte !!!

Camille CHAUVET
 
 
 

Auteur :

Continue Reading
Click to comment

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

 

ECONOMIE

La France va consolider sa présence en Guyane Par Robert TOMICHE

Published

on

By

Rédaction du Naïf: Les extraits de cette ITW de Francis Perrin directeur de Recherche à l’IRIS  devrait faire comprendre aux Guyanais que la France va consolider sa présence en Guyane et 500 ou 1000 frères ne pourront pas résister au monstre colonial

L’HULOT LIGOTE : L’écolo Hulot hurle la fin des hydrocarbures d’ici 2040,  si la loi est votée, ce qui ne fait guère de doute, la Guyane ne pourra plus exploiter de pétrole après 2040, ni accorder de nouveaux permis d’exploration. Or en 2000, la loi d’orientation des Outre-mer avait pourtant prévu le transfert de la compétence à la Guyane pour développer et renouveler les titres miniers en mer. Les différents gouvernements  ont traîné les pieds. En 2014 et en 2016, le conseil d’Etat a rappelé à l’ordre le gouvernement, sans succès. Il fallait un décret d’application qui n’a toujours pas été signé. Si les gouvernements précédents avaient respecté la loi, la collectivité territoriale de Guyane aurait eu la possibilité de renouveler le permis de Total. Elle aurait aussi pu accorder des permis à d’autres compagnies pétrolières.

Cela fait 17 ans que l’on balade la Guyane ! Même si Nicolas Hulot a indiqué le 4 octobre 2017 que la compétence serait transférée. Toutefois, le ministre de la Transition écologique a quand même prolongé le permis d’exploration de Total. En tant qu’écologiste, il aurait pu en décider autrement…

TOTAL:Que va-t-il se passer maintenant si Total trouve du pétrole dans ce contexte de fin de la production des hydrocarbures en France ? Si Total trouve du pétrole et surtout s’il y en a suffisamment pour que la production soit rentable, la compagnie pourra l’exploiter. Elle devrait le savoir d’ici à 2020. L’entrée en production pourrait débuter en 2024-2025. On sait qu’il y a du pétrole depuis 2011 dans cette zone, de manière sûre. Ce n’est pas de la science-fiction. Mais il faut trouver des réserves importantes pour assurer une rentabilité, d’autant plus qu’on est en mer profonde avec des coûts de production très lourds. Total est une société privée et vise avant tout une exploitation rentable.

L’ETAT COLONIAL FRANCAIS: A l’Assemblée nationale, le projet de loi hydrocarbures a fait l’objet d’un amendement gouvernemental qui a été voté qui stipule que Les concessions prendront fin en 2040 « sauf dans un seul cas bien précis: si l’industriel peut prouver que cela ne couvre pas les frais engagés ». Est-ce que cela concerne le permis Guyane maritime ?

Si Total trouve du pétrole et que c’est rentable, la compagnie le saura assez vite. Certes cela ne se fait pas en trois jours, mais en deux-trois ans, Total saura si la production pourra se faire ou pas. Cela fait partie des procédés bien connus de l’industrie pétrolière mondiale. Ainsi si la production débute autour de 2024-2025, en 15 ans d’exploitation cela ne peut pas ne pas être rentable.

L’Etat colonial Français se rends bien compte qu’ Exxon Mobil a trouvé du pétrole au Guyana, Total investit au Brésil, c’est clair que la région semble très riche en pétrole. Il est certain que la région sur le plan géologique est riche en pétrole, avec des quantités importantes. Non loin du Venezuela, premier détenteur de réserves pétrolières au monde devant l’Arabie Saoudite. Adossé au Brésil, puissance montante dans ce secteur. Au Guyana, le groupe américain Exxon Mobil a fait des découvertes importantes. Une estimation de 2 à 3 milliards de barils de pétrole (120 000 baril par jour).

La production devrait intervenir à partir de 2020 en mer profonde. La première compagnie mondiale pétrolière (Exxon Mobil) va investir 4,4 milliards de dollars pour développer cette découverte. Ce n’est pas un petit gisement ! Il y a aussi de l’exploration au large du Suriname avec Exxon Mobil et la compagnie Tullow oil. Cela incite donc Total à poursuivre la recherche au large de la Guyane.

La France de droite ou de gauche ne va pas brader le morceau Guyanais.

Source IRIS.

Continue Reading

ECONOMIE

ROULEZ LA REGION 2010 EN ACTION ! Par La KARYNE

Published

on

By

Rédaction du Naïf .Finie la demie heure que mettaient les chauffeurs de taxi provenant la ville du François et du Vauclin à parcourir 1 km sur la ligne droite de bois rouge aux heures de pointe le matin, en direction de Fort de France.
Finie la demie heure que mettaient les chauffeurs de taxi provenant la ville du François et du Vauclin à parcourir 1 km sur la ligne droite de bois rouge aux heures de pointe le matin, en direction de Fort de France.
Régulièrement verbalisés alors qu’ils empruntaient l’accotement afin de gagner du temps, les professionnels de la route ont interpellé les autorités sur leur situation.

C’est ainsi que Serge Letchimy est venu visiter le chantier où des travaux d’aménagement dune bande d’arrêt d’urgence utilisable par les transports collectifs et les véhicules prioritaires sont réalisés entre Carrère et Bois rouge.

Les travaux se développent sur 900 mètres dont la première phase sera réalisée du 7 au 15 novembre 2012 pour un montant de 267 339,88 TTC.
Les deux entreprises qui réalisent les travaux sont CTA et CARAIB-MOTER titulaires de marchés à bon de commande avec la collectivité régionale.

Auteur :

Continue Reading

ECONOMIE

A PROPOS DU PROJET DE LOI LUREL DE REGULATION ECONOMIQUE OUTRE-MER : COMMENT LUTTER REELLEMENT CONTRE LA VIE CHERE ? Par Michel BRANCHI

Published

on

By

Rédaction du Naïf Par RETENU POUR VOUS : Le projet de loi Lurel de lutte contre la vie chère dit de « régulation économique outre-mer » a rappelé que la question de la vie chère reste un problème crucial en Martinique et dans les autres pays dénommés « DOM »
POURQUOI UN PROJET DE LOI CONTRE LA VIE CHERE DANS LES DOM ?        
Tout simplement parce que, dans le système qui nous régit et nous intègre à l’économie française, les écarts de prix avec la France sont considérables. Selon l’Autorité de la Concurrence un panier de 100 produits courants importés de France coûte 55 % plus cher en moyenne dans les DOM et 70 % plus cher en Martinique. Dans le même temps le revenu moyen est inférieur de 38 % dans ces pays par rapport à la France.
 
POURQUOI CE PROJET DE LOI MAINTENANT ?
C’est que le candidat François Hollande n’a pas oublié les révoltes sociales qui se sont produites simultanément en Guyane, Guadeloupe, Martinique, Réunion et ensuite à Mayotte récemment devenue département. Il avait donc pris l’engagement de lutter contre la vie chère outre-mer, notamment en encadrant les prix des produits de première nécessité  Victorin Lurel, dans le bilan réalisé par le Parti socialiste sur le quinquennat de Nicolas Sarkozy(« Outre-mer : le vrai bilan de Nicolas Sarkozy » de janvier 2012), reprochait à sa prédécesseure au ministère de l’Outre-mer, Marie-Luce Penchard, de n’avoir pas utilisé la possibilité offerte par la Lodéom de mai 2009 de réglementer les prix de première nécessité. Il dénonçait : « Un seul exemple : la possibilité offerte désormais au Gouvernement par la LODEOM de réglementer certains prix outre-mer n’a toujours pas été utilisée tout simplement parce que la ministre de l’outre-mer ne le considère pas nécessaire(…) », accusait-il.  Et un rapport du Think Tank socialiste « Terra Nova » sur l’Outre-mer signé de Marc Vizy, chef de cabinet de Victorin Lurel quand il était président du Conseil régional de la Guadeloupe et son conseiller, proposait d’ « agir sur les prix outre-mer en renforçant les moyens de contrôle de l’Etat, en encadrant plus fortement les marges (…) » ( « Les outre-mers dans la République » de janvier 2012).
En réalité, la question de la vie chère est consubstantielle à la départementalisation. Il est significatif que le premier effet de la départementalisation à Mayotte ait été de provoquer une révolte contre la vie chère. Exactement comme la départementalisation avait engendré les luttes des fonctionnaires dans les années 1950 en Martinique contre les discriminations ayant abouti à la majoration de 40 % dite par la suite « prime de vie chère ».
Que penser du projet de loi de Victorin Lurel ?
Disons simplement qu’il n’est pas, pour l’heure, à la hauteur de la situation. Il se situe dans le même sillage néo-libéral que les préconisations du fameux Comité interministériel de l’Outre-mer (CIOM) réuni en novembre 2009 par Nicolas Sarkozy. Il fait reposer essentiellement la lutte contre la vie chère sur l’idée que la baisse des prix ne peut résulter dans les pays d’outre-mer que par l’injection d’une nouvelle « dose de concurrence ».Or, c’est précisément ce qui a été tenté sans effet par les gouvernements de droite et de gauche depuis la libération des prix par l’ordonnance Chirac-Balladur de 1er décembre 1986. A la suite de l’Autorité de la concurrence, l’étude d’impact du projet de loi Lurel constate contradictoirement que, par nature, la concurrence est limitée dans les petites économies insulaires. Ce constat rend tout à fait vain l’espoir d’instaurer de la concurrence par décret. Une croyance « malpapaye ». De surcroît, la plupart des mesures proposées existent déjà, à des degrés divers, dans l’arsenal juridique actuel sur la concurrence (Code de commerce) : refus des exclusivités commerciales d’importation, abus de dépendance économique des importateurs-grossistes, abus de positions dominantes, refus des concentrations excessives, etc.
 
RESUMONS LA CRITIQUE DE CE PROJET :
1°) Alors que dans son programme, comme on l’a vu, François Hollande s’était prononcé pour l’encadrement des prix des produits de première nécessité, le projet écarte, par principe, toute option de contrôle des prix considéré comme « risqué » et « inefficient ». 
2°) Si le projet propose des mesures théoriquement utiles contre les abus et les pratiques anticoncurrentielles notamment des monopoles et oligopoles qui dominent nos économies, le plus souvent leurs conditions de mises en œuvre sont compliquées, aléatoires et longues. Le projet ne se donne pas les moyens juridiques suffisants de rendre effectives les louables intentions qu’il affiche en matière de contrôle des marchés de gros et de la chaine logistique, y compris le fret, d’interdiction des exclusivités, de contrôle de la création de grandes surfaces, de concentration excessive dans la distribution et de démolition des positions dominantes existantes. Les lobbys patronaux pourront, comme ils le font déjà, paralyser l’action de l’Autorité de la concurrence par du contentieux juridique dilatoire.
 
3°) Les mesures de contrôle et d’application écartent largement le niveau local et sont essentiellement confiées à des organismes situés au niveau du pouvoir central, comme l’Autorité de la concurrence qui a brillé par son inertie et son inefficacité depuis la libération des prix en 1986. Le temps moyen de traitement d’une affaire par cette instance est de 3 à 4 ans. A titre d’exemple, une affaire de pratique anticoncurrentielle que nous avons traité a mis dix ans pour parvenir à sa conclusion définitive. Entre temps, le principal délinquant avait délocalisé ses activités hors de la Martinique. Et son repreneur lui-même avait vendu ses actifs.
Victorin Lurel fait un pas vers une certaine réglementation des prix
Au Sénat le 26 septembre, le projet a été adopté avec un certain nombre de modifications importatantes.
La plus importante est la présentation par le gouvernement lui-même d’un amendement sous la forme d’un article 6 bis modifiant l’article 1er de la  Lodéom de mai 2009 qui permettait déjà de réglementer les prix des produits de première nécessité dans les DOM et les COM qui n’ont pas la compétence prix.
 
ARTICLE 6
Cet article 6 bis fait obligation au Préfet de négocier chaque année un accord de modération de prix global  d’une liste limitative de produits de consommation courante avec les représentants du commercez dans le cadre de l’Observatoire des prix. En cas d’échec de la négociation, le préfet peut un mois après fixer les modalités d’encadrement de ce prix global par arrêté. Dans tous les cas, les prix sont contrôlés et les manquements éventuels relevés par les agents de l’ex-DGCCRF. Encore faut-il que ces services soient reconstitués avec des agents formés de préférence originaires des DOM. .
Par conséquent, contrairement à ce qu’affirmait Victorin Lurel pour masquer son choix néo-libéral de ne pas « administrer » les prix, il est possible juridiquement de contrôler les prix, même s’il s’agit d’une liste dite « limitative » et de ne se référer qu’aux prix les plus bas pratiqués (et non baisser les prix).
Il s’agit d’une avancée certes timide, mais d’une avancée sous la pression de tous ceux qui ne se résignaient pas d’un projet de loi en trompe l’œil.
Reste à préciser combien de produits, qu’entend-t-on par produits de « consommation courante », quel niveau de prix, pourquoi fixer un prix global et pas le prix de chaque produit du panier choisi, etc. Pourquoi seuls les prix de détail sont concernés et pas les prix des importateurs-grossistes ?   
 
QUELLES SONT DONC LES VERITABLES CAUSES DE LA VIE CHERE ?
Il est couramment allégué la distance et l’éloignement, puisque, en vertu du maintien du Pacte de l’Exclusif colonial qui perdure sous des formes nouvelles dans le cadre départemental, nous achetons tout ou presque en France et en Europe. Cela induit des frais de transport élevés. De même les lobbys de l’importation mettent en accusation l’octroi de mer taxé d’être inflationniste.
Suite aux révoltes sociales de février et mars 2009 aux Antilles et en Guyane, pour la première fois depuis la libération des prix, le pouvoir central a demandé à l’Autorité de la Concurrence de faire la lumière sur les « mécanismes d’importation et de distribution des produits de grande consommation dans les DOM ».
Dans l’avis n° 09-A-45 qu’elle a rendu le 8 septembre 2009, cette instance a relativisé le rôle de ces facteurs. Elle a mis en évidence le quasi-monopole de transport de la Compagnie CMA-CGM associée à Marfret et des tarifs de fret élevés. Elle a rappelé que l’existence d’une TVA moindre aux Antilles et à la Réunion, voir nulle en Guyane, compensait en grande partie l’impact de l’octroi de mer dans les prix au consommateur.
Elle a conclu que les écarts de prix considérables avec la France s’expliquaient également par des marges commerciales élevées souvent supérieures à 40 %, par l’existence d’intermédiaires dans le circuit commercial, un niveau de concentration commerciale relativement élevé et par des pratiques commerciales peu orthodoxes (non répercussion des marges arrière, multiplication anarchique des promotions par exemple).
Citons : «  A nouveau, une analyse conjointe des taux d’octroi de mer et des charges de fret conduit à la conclusion que ces frais d’approche, et l’octroi de mer en particulier, ne suffisent pas à expliquer l’intégralité des écarts observés(…) Il convient donc de rechercher au travers d’autres éléments structurels ou comportementaux, l’explication de la majeure partie des écarts de prix observé ».
Les « éléments structurels ou comportementaux », ce sont les marges élevées, les circuits commerciaux trop longs et les pratiques commerciales anormales cités supra.
 
AU CŒUR DE L’ACCUMULATION NEO-COLONIALE
Nous touchons là au cœur du système d’accumulation capitaliste dans les néo-colonies départementales Ce n’est pas par hasard que les groupes martiniquais GBH, Parfait, Huygues-Despointes et Ho-Hio-Hen figurent dans le classement 2012 des 500 premières fortunes de France de la très libérale revue économique « Challenge » (n° 109 du 12/07/2012) :
–           GBH : classé 155ème avec une fortune évaluée à 275 millions d’euros ;
–           Robert Parfait et famille : 186ème au classement avec une fortune évaluée à 200 millions d’euros en 2012 ;
–           Famille Ho-Hio-Hen : 257ème au classement avec une fortune de 130 millions d’euros ;
–           Famille Huyghes-Despointes, également 257ème au classement avec 130 millions d’euros.
On notera que toutes ces fortunes se sont constituées principalement dans l’import-distribution.
Signalons également les conclusions de l’étude du cabinet d’experts Syndex réalisée pour le compte du syndicat CFDT-Martinique(«  Le pouvoir d’achat dans les DOM-Incidence de la structure des prix et des coûts-Tome 2- La Martinique-Mai 2011) et qui mentionne le fait que les taux de profit brut sont supérieurs en Martinique à ceux réalisés en France : « A la Martinique, pour l’ensemble du secteur marchand, l’effet sur les prix, lié à la dissonance des taux de profit brut sur la période 1998-2006, peut être évalué en moyenne à plus de 9,1 %… ». Les auteurs de l’étude enfoncent le clou : «  Au niveau des ménages, les prix intègrent ainsi non seulement les surcoûts liés aux handicaps structurels comme l’insularité ou encore l’éloignement, mais également ceux liés à l’ensemble des coûts d’organisation et de transaction relatifs à la structuration des marchés. Par ailleurs, les prix intègrent les surmarges de chacun des acteurs tout au long de la chaîne de valeur ».
La surpwofitasyion expliquerait en moyenne les sur-prix à hauteur de 9,1 %.
 
LA RIPOSTE DU PATRONAT
On comprend que les mesures pourtant limitées du projet Lurel aient provoqué un violent tir de barrage des lobbys patronaux : Fedom, Medef, Contact-Entreprises, CCIM, etc.
Ainsi, contre toute réalité,  il est affirmé par Contact-Entreprises, par exemple, qu’il n’y a pas de « monopoles » ou d’ « oligopoles » ou de « concentration », c’est-à-dire d’entraves à la concurrence, que les marges commerciales sont identiques à celles pratiquées en France, que le rôle économique des intermédiaires (importateurs-grossistes) est bénéfique, que la grande distribution aide la production locale, que la vie chère ce n’est pas seulement l’alimentation (ce qui est vrai en partie), etc.
Certaines mesures comme la possibilité de contraindre, en dernier ressort, certaines entreprises en situation de position dominante de céder des surfaces sont dénoncées comme contraires au droit de propriété et à la liberté d’entreprendre et anticonstitutionnelles alors qu’elles existent déjà dans le Code de commerce. L’article 6 du projet qui devait permettre à la commission départementale d’équipement commercial, à travers un processus compliqué d’autorisation de l’Autorité de la concurrence, d’empêcher une entreprise d’accaparer dans une zone de chalandise plus de 50 % de surface commerciale a été supprimé par Victorin Lurel sous la pression de la Fedom et du Medef.
Il faut signaler qu’une partie du patronat (Syndicat de la grande distribution), sans doute conscient que ce pays peut exploser socialement à tout moment, propose une baisse volontaire des marges sur une trentaine de produits, assortie d’une baisse négociée du fret maritime, d’une aide publique (Europe et/ou Etat français) au transport au titre de la dite « continuité territoriale » et d’une baisse, voire de la suppression, de la TVA sur les produits concernés. Il faudrait augmenter le nombre de produits et encadrer juridiquement un tel accord pour contrôler son application (liberté conventionnelle des prix)
 
QUE FAIRE CONTRE LA VIE CHERE ?
Le Projet de loi sur la régulation économique outre-mer doit être profondément remanié et amendé dans les directions suivantes :
1°) Rétablir l’obligation d’analyser et surveiller régulièrement la formation des prix à tous les stades dans les pays dits d’outre-mer.
2°) Affirmer le principe de l’utilisation conjointe de l’action contre les pratiques anticoncurrentielles et, en cas de nécessité, des différents degrés d’encadrement des prix des produits et services de grande consommation. Et pas seulement de première nécessité comme le prévoit la Lodeom (article 1er).
3°) Donner des pouvoirs d’action aux divers échelons locaux : Etat, Régions, Observatoires des prix et des revenus, associations de consommateurs, etc.
4°) Arrêter l’application du démantèlement des DDCCRF par la politique de révision générale des politiques publiques (RGPP) de Sarkozy et renforcer substantiellement leurs moyens réglementaires et humains, en particulier par des recrutements d’agents originaires des pays concernés.
 Pour répondre à l’urgence le Pouvoir peut prendre immédiatement un décret d’application de la Lodéom-Jego de mai 2009 (article 1er) qui permet de réglementer les prix des produits de première nécessité dans les DOM et les COM qui ne disposent pas de cette compétence. Il faudra définir après une enquête de consommation sérieuse la liste des produits ou famille de produits.
Comment baisser les prix ?
 
POUR BAISSER LES PRIX IL FAUT AGIR SUR TOUTES LEURS COMPOSANTES
*Au niveau de l’achat, il faut réorienter progressivement nos échanges commerciaux, en particulier vers notre environnement géographique pour acheter moins loin et moins cher. Cela implique de changer notre statut de RUP intégrée à l ’Union européenne qui nous maintient dans un Pacte de l’Exclusif moderne.
*Au niveau du transport : On doit obtenir par négociation ou par réglementation la baisse du fret au moins sur les produits de première nécessité et de large consommation notamment en changeant le mode de calcul actuel à la quantité transportée par le calcul à la valeur transportée qui pénalise les produits de faible valeur (produits alimentaires en particulier). Des aides publiques au transport ciblées peuvent être accordées pour les produits de grande consommation, à la condition que des mesures réglementaires soient prévues pour qu’elles soient répercutées dans les prix au consommateur.
*Octroi de mer : On peut moduler encore les taux de l’octroi de mer en les minorant sur les produits de base et en les majorant sur les produits de luxe. Son mode de calcul peut être réformé pour éviter les effets inflationnistes de sa non-déductibilité et l’étendre aux services afin de compenser les recettes perdues sur la baisse des produits indispensables. Mais pour cela il faut que la Région et/ou l’Etat (DIECCTE = ex-DRCCRF) ait la capacité de vérifier si les baisses d’octroi de mer sont répercutées dans les prix au consommateur. En 2009 une bonne partie de la baisse consentie par le Conseil régional de l’époque (plus de 9 millions d’euros) a été empochée par les importateurs puisque, du fait de la liberté des prix, la DRCCRF ne pouvait pas juridiquement contrôler sa répercussion et parce que la Région ne dispose même pas de pouvoir réglementaire pour édicter des règles concernant ses propres décisions (!).
* Marges commerciales : Elles doivent être observées et contrôlées en ce qui concerne les produits et services de grande consommation.
 
En conclusion, la question de la « vie chère » est centrale dans ce pays et appelle quant au fond un autre modèle économique. 
Seule une politique globale des prix, de la concurrence de la consommation, des revenus, de diversification de nos sources d’approvisionnement impliquant les acteurs locaux, peut s’attaquer aux racines de la vie chère. Ainsi notre modèle de consommation calqué sur celui de la France, pays développé, doit évoluer progressivement. Qui dit nouveau « modèle économique » dit aussi pour y parvenir, selon nous, la mise en place d’un véritable pouvoir politique martiniquais. Car c’est le modèle politique de la départementalisation-intégration qu’il faut changer.
 
Michel Branchi
Economiste,
Ex-Commissaire de la Concurrence et de la Consommation
                                                                                                        
Auteur :

Continue Reading

Populaire

Copyright © 2017 La Naïf.