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OUI IL FAUT SAUVER LE LYCEE SCHOELCHER

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Source kat chimen /Texte Elizabeth Landi. Nous reprenons ici le titre d’un coup de cœur d’André Constant paru dans le courrier des lecteurs du journal « France-Antilles » daté du Samedi 20 et Dimanche 21 octobre 2007 où il affirmait la nécessité de sauvegarder le lycée Schœlcher.
Nous nous reconnaissons à plus d’un titre dans ce courrier et si dans son ensemble ce texte nous agrée, nous retiendrons en particulier, sa préoccupation patrimoniale quand il dit « faut-il au nom du modernisme, des normes parasismiques, les démolir ou les classer pour mieux les protéger ?». Attentif à démontrer sa valeur historique, il conclut en insistant sur la nécessité de sa protection : « sauvegarder notre patrimoine, c’est une manifestation patriotique.

Appuyons la revendication pour que l’actuel lycée soit classé monument historique, comme l’a demandé Aimé Césaire. Toute polémique serait superfétation ».

Cette prise de position intervenait 10 jours après celle d’Aimé Césaire (daté du 10 octobre 2007) et depuis le dossier du Lycée Schœlcher semblait avancer inexorablement dans l’indifférence et dans une certaine acceptation fataliste de la disparition inéluctable de ce lycée.
Le 5 septembre 2008, « France-Antilles » publiait une tribune que nous avons signée, intitulée « Le patrimoine, promesse d’avenir ».

Nous aurions pu nous réjouir du fait que cet article ait déclenché un débat sur la dimension patrimoniale du Lycée Schœlcher et le patrimoine en général en Martinique si ces réponses n’avaient été autant polémiques, malveillantes, réductrices et politiciennes pour la plupart. Néanmoins, ce débat a surgi sur la scène publique et il a brisé la lourde et pesante chape de plomb qui pèse sur ce pays.

Et l’on se plait à penser qu’il pourrait permettre à la population martiniquaise de se faire sa propre idée sur cette question.

Dans l’état actuel des interventions : « Le bal des hypocrites », « Lycée Schœlcher : d’une idéologie à l’autre », « Pourquoi ne pas démolir et reconstruire ? », « le LS et les schœlchéristes tardifs », etc (j’en oublie), tous se proposent de porter un point de vue éclairant et décisif.

Tous ont cependant un point commun, celui de ne pas répondre au problème de fond posé par cet article mais de donner une interprétation politicienne des prétendus véritables objectifs du texte à savoir l’expression d’un conflit entre la municipalité de Fort-de-France et la Région Martinique.

En effet, les auteurs de ces articles, Monsieur le Professeur des Universités, dont la réponse s’apparente plus à la farce de mauvais goût d’un humoriste grincheux.

Madame la Professeure, polémiste pathétique ou Messieurs les Professeurs en mal de victoire électorale (décidément il n’y a que des professeurs !) nous consternent tant il y a de la malhonnêteté intellectuelle dans leur volonté farouche de dénigrer et d’attaquer, non pour ce qui est énoncé dans cette tribune, mais pour les qualités précisées de l’auteur. (Qualités ni usurpées, ni octroyées).

Vous auriez sûrement souhaité, Madame et Messieurs les professeurs, que nous avancions masquée, parée d’une fausse modestie comme vous en usez pour affirmer votre propre autorité ?

Néanmoins, tous ces textes montrent sans ambages que le problème posé par la démolition et la reconstruction du Lycée Schœlcher relève de véritables enjeux politiques.

Le refus de la patrimonialisation du lycée Schœlcher et les différentes positions qui s’expriment mettent en évidence l’expression des cultures politiques qui sont au fondement de nos choix politiques.

Il s’agit de savoir dans quel type de société nous voulons vivre et surtout quel type de gouvernance nous acceptons.

Comment vivre ensemble sans débat démocratique et comment fonder l’avenir de nos pays, si fragiles, sans un ancrage à ce qui a fait nos repères, nos références et notre passé.

En ce sens, on peut être indépendantiste et patriote et fier de l’être tout en reconnaissant la valeur patrimoniale du premier lycée martiniquais, voulu par des Martiniquais depuis 1880 et devenu un lieu de vie, d’expériences affectives et intellectuelles, de brassage des Martiniquais venus de tout horizon.

Toutes les critiques adressées à cet article (l’absence de prise en compte des problèmes de sécurité, l’élitisme de la formation coloniale) ont de quoi surprendre dans la mesure où ils avaient été abordés dans l’article qui de fait ne se limitait pas à une vision idéaliste et nostalgique d’un passé paré de toutes les vertus.

Quant aux critiques qui ne visent qu’à dénigrer (césairolâtrie, schœlchérisme tardif, manque de déontologie, de rigueur intellectuelle, naïveté politique et j’en passe), elles révèlent plus un mal-être dans le rapport au savoir qu’une volonté réelle de poser les termes d’un débat de fond.

Il faut croire que la violence, l’humour, l’ironie traduisent le fait que l’article touche à des questions extrêmement sensibles notamment dans notre contexte politique, social et culturel. Ils se trompent donc de cible et oublient le contexte de combat politique dans lequel nous nous situons.

Car nous ne confondons ni l’histoire officielle coloniale dominante qui engendre des formes d’aliénation et de déni de mémoire que nous dénoncions au début de notre article, ni l’histoire détournée à des fins politiques et à des usages publics et ni l’histoire scientifique centrée sur nos problématiques et nos réalités caribéennes qui seule peut être un véritable instrument de connaissance, de solidarité caribéenne et de libération.

Dans cette dernière perspective, le lycée Schœlcher ne saurait être un bouc-émissaire de la politique scolaire et coloniale d’une époque. On peut très bien comprendre que ce type d’arguments puisse séduire les lecteurs mais il ne faudrait pas se laisser abuser par ce qui s’apparente à une forme de manipulation et d’exacerbation des sentiments populistes.

Qu’en est-il réellement ?

Ce n’est pas un hasard si la sauvegarde du lycée Schœlcher suscite tant de passions et de polémiques. Par son nom, sa fonction, il met à jour les grands enjeux de la politique et l’insoutenable du rapport à Schœlcher, et pour certains à Césaire, dans notre histoire.

Notre objectif essentiel était de poser le problème du rapport au patrimoine dans les sociétés dominées et post-esclavagistes et de montrer la difficulté qu’il y a à assumer, de manière apaisée, notre rapport à l’histoire afin de mieux construire l’avenir.

Il y a comme un certain paradoxe à commémorer d’une part le 22 mai comme acte fondamental de la libération du peuple martiniquais et d’autre part à conserver majoritairement des habitations (classés ou inscrits à l’inventaire) tout en refusant de protéger un haut lieu de la formation de la conscience critique et émancipatrice de la jeunesse.

L’histoire de ce pays ne s’arrête pas en 1848 et ce qui se passe entre 1848 et nos jours ressort de la lutte pour la construction d’un espace public autonome et démocratique.

Quelles que soient les interprétations que l’on peut donner des actions patrimoniales de la mairie de Fort-de-France dans un contexte difficile de révolution culturelle et urbaine, cela interdit-il de continuer à progresser afin d’aller vers une Martinique démocratique, solidaire et moderne ?

Nous rappelons avec les membres du collectif et ceux qui soutiennent notre action, que nous sommes conscients des problèmes de sécurité et que nous ne sommes pas opposés à la démolition des bâtiments qui peuvent s’avérer dangereux.

Nous ne sommes pas passéistes et nostalgiques du vieux béton. Nous voulons en revanche d’une reconstruction « à l’identique », c’est-à-dire qui respecte les acquis patrimoniaux de l’architecture et de l’esprit des lieux.

L’enjeu est de taille dans la construction d’une culture partagée qui prenne en compte tous les patrimoines matériel et immatériel. Dans le cadre de la mondialisation, il est plus que jamais important de sauvegarder nos lieux de vie, de mémoire à partir desquels nous avons construit, nous construisons et construirons notre identité.

Nous permettra-t-on de revenir à André Constant lorsqu’il dit : « l’actuel lycée Schœlcher fait partie de notre paysage culturel, de notre en soi. Certes l’homme peut vivre de mythes et de souvenirs. Mais quand c’est lui-même de son plein gré, qui brise son substrat, c’est pire ».

Elisabeth LANDI
Agrégée d’Histoire
Professeur de Chaire Supérieure.

Auteur : Jean Jack LAPORTE

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1 Comment

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  1. viryavan

    30 mai 2013 at 9 h 53 min

    dite moi peut on placer la maternité de redoute comme monument historique Aimé Césaire n’y est pas née mais moi oui comme bon nombre de Martiniquais

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Karyne Mousseau amoureuse du faux-Chabin ? Par péi kréolopal

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Rédaction du Naïf. C’est bien Karyne Mousseau qui faisait des leçons de conduite aux politiques avec son texte « Jambé pak. » En  tout cas au lieu de faire la guerre au psychopathe Alfred elle choisit la séduction et cela fonctionne. Mais l’amoureux transit Francis Carole est malheureux.

Mais peut-on définir l’amour ? Ti-karole sait sans doute que l’amour est un sujet pour les philosophes et a inspiré les champs les plus déchirants, les meilleurs romans, les comédies irrésistibles. Aussi l’amour se dit en effet en plusieurs sens : amour humain, amour divin, amour paternel, amour maternel, amour de l’andouillette, l’amour Gros-Morne…mais en politique c’est différent.

L’AMOUR DE NOTRE ROUSSETTE :En politique le concept est sans ambigüité c’est l’amour ruse pour la réalisation d’un objectif sans la tension érotique vers autrui, avec tout son cortège de sentiments, d’affects, d’actions, de paroles. Karyne va tout obtenir maintenant et le pauvre Miguel  sera le bec dans l’eau, car le CMT n’est l’ancienne officine Jacky Guanel. En tout cas, Alfred Rocher zombi sait que « seul l’amour peut garder quelqu’un vivant. »  Comme disait Oscar Wilde.  Alors soyons attentif  à l’attitude du président de l’exécutifi après cette photo « doucine à sec ».

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Dégras « le doucineur » vrai déchet du système Par Ramsès II

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DIABLEEn direct de l’Île Bourbon : Pas une action, ni un membre de la nouvelle majorité régionale qui trouve un seul jour, grâce à ses yeux. Pas une initiative qui mérite au moins d’être présentée, relatée. Et pourtant, il s’affiche « Site d’actualités ».Véritable « rest-avec » du populisme local, il répand juste en fonction de sa singulière subjectivité, son Tabasco rassis. Aucune règle, aucune déontologie, juste un besoin viscéral orgasmique de « pété tchou moun ». Ces « moun » sont ciblés, parfaitement ciblés et pour cause.

Ce « doussineur » de moyens publics menait grand train au temps de la splendeur mimiste à l’hôtel de Plateau Roy. L’habitude n’avait pas été perdue car certaines coutumes ont la vie dure. Après l’élection en 2010, bénéficiant certainement de quelque facilité résiduelle  en interne, on voyait régulièrement sa silhouette hanter les couloirs, fouiner dans les bureaux, bouffer le temps de travail de certains pour le « milan »… Son énorme sac à dos qui finalement n’abritait qu’une modeste tablette (mais il faut faire pro) faisait corps et partie intégrante du bonhomme.

Il avait l’habitude de petits et nombreux avantages  et on ne pouvait échapper entre autres à son invitation princière dans le bateau présidentiel (payé par la collectivité) qui suivait chaque année le Tour des Yoles rest-avec dévoué et servi en retour ? La nouvelle gouvernance a eu le courage de stopper ça net. Et le dernier épisode en date a été son éviction définitive de la cantine du personnel. Tous les midis ou presque, ce Monsieur avait table ouverte « doussinant » ainsi les moyens publics dédiés à l’administration régionale. Le repas à tarif réduit, compensé par des fonds publics et strictement dédié bénéficiait à ce »doussineur » qui trouvait ainsi pitance quotidienne de la manière la plus illégale qui soit.

Le coup d’arrêt de ces pratiques engraissantes et bienfaisantes de la nouvelle majorité ne cesseront, on le sait bien de déclencher la colère terrible de notre fiole de Tabasco.Porte-drapeau de la  vertu incarnée, redresseur de torts devant l’éternel (de certains, bien évidemment), partisan invétéré de la cause pseudo-patriotique, il s’est vu dernièrement missionner pour assurer la surveillance des plages à requins de la commune Saint-Gilles, à la Réunion en hommage à son auguste prénom.

On dit ici ou là que les békés qui pourtant le nourrissaient en publicité l’aurait convoyé loin d’eux.Gageons qu’il devrait trouver une nouvelle utilité à sa fiole de Tabasco pour un bon touffé rétchin. On lui souhaite déjà bon appétit !Ramses II.

 

 

 

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BOLIVARISME ET SOCIALISME DANS LE VENEZUELA D’HUGO CHAVEZ Par Lioubov SOBOLEVSKAÏA ET Lilia DROMACHKO,

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REDACTION DU NAïF :« L’une des principales mesures prises par Chavez a été d’établir un contrôle sur l’extraction du pétrole, ce qui a augmenté de plusieurs milliards de dollars les recettes provenant de la vente de combustible. La plus grande part des pétrodollars est consacrée au secteur social. Hugo Chavez a mis en oeuvre une réforme foncière fondamentale prévoyant l’octroi de crédits et de terres aux paysans. Tout l’enseignement, même universitaire, est devenu gratuit, les dépenses pour l’enseignement sont passées de 3 à 7% du PIB. L’introduction de l’assistance médicale gratuite a permis de réduire considérablement la mortalité infantile. Tout cela est observé dans un pays où 80% de la population vivait jusqu’à ces derniers temps dans une réelle misère ! »
Le président vénézuélien Hugo Chavez fait dans le monde entier la propagande des idées de Simon Bolivar, libérateur de l’Amérique latine du joug espagnol. Même le nom du pays a été modifié en 2000, il s’appelle maintenant la République bolivarienne du Venezuela. Hugo Chavez se considère comme un nationaliste et un révolutionnaire du genre de Simon Bolivar.
 
Attaché aux principes de l’idéologie du « bolivarisme », Hugo Chavez conduit son pays depuis dix ans sur la voie des réformes sociales. L’une des principales mesures qu’il a prises a été d’établir un contrôle sur l’extraction du pétrole, ce qui a augmenté de plusieurs milliards de dollars les recettes provenant de la vente de combustible. La plus grande part des pétrodollars est consacrée au secteur social. Hugo Chavez a mis en oeuvre une réforme foncière fondamentale prévoyant l’octroi de crédits et de terres aux paysans. Tout l’enseignement, même universitaire, est devenu gratuit, les dépenses pour l’enseignement sont passées de 3 à 7% du PIB. L’introduction de l’assistance médicale gratuite a permis de réduire considérablement la mortalité infantile. Tout cela est observé dans un pays où 80% de la population vivait jusqu’à ces derniers temps dans une réelle misère !
 
L’objectif principal de la politique extérieure d’Hugo Chavez est de réunir les pays d’Amérique du Sud au sein d’une union économique et politique, indépendante vis-à-vis de l’hégémonie des Etats-Unis. Le dernier plan grandiose prévoit l’édification du socialisme au Venezuela. A cette fin, Hugo Chavez a introduit dans le pays un système d’administration présidentielle directe. Le leader vénézuélien est certain que ces pouvoirs extraordinaires lui permettront de réaliser une révolution socialiste du XXIe siècle.
 
Au cours de la cérémonie officielle d’investiture d’Hugo Chavez au poste de président du pays pour la période de 2007 à 2013, contrairement à la tradition, il a déplacé l’écharpe présidentielle de l’épaule droite à l’épaule gauche, afin de souligner ses convictions.
 
Prononçant un discours devant l’assistance, Hugo Chavez a confirmé son orientation vers l’édification du « socialisme vénézuélien », il a déclaré qu’il avait l’intention de nationaliser les réseaux énergétiques et les télécommunications du pays, et pris plusieurs initiatives visant à transformer le Venezuela en un pays dont la voix serait entendue sur le continent sud-américain, mais aussi au-delà de ses limites.
 
Hugo Chavez a récemment annoncé la création de 200 « entreprises socialistes » dans des secteurs stratégiques aussi importants que l’agriculture, les industries agro-alimentaire, légère, chimique, automobile et électronique. Son objectif est de réduire les importations et de passer à l’autosuffisance totale. Hugo Chavez a également annoncé le lancement de la fabrication des premiers ordinateurs, téléphones portables, automobiles et deux-roues, dont l’assemblage est effectué au Venezuela avec l’assistance technique de la Chine et de l’Iran.
 
Le 1er mai, conformément à la loi adoptée sur la nationalisation, les exploitations pétrolières où travaillent les compagnies américaines ExxonMobil, Chevron, ConocoPhillips, la compagnie britannique British Petroleum, la société française Total et la compagnie norvégienne Statoil ont été placées sous la gestion de la corporation pétro-gazière publique Petroleos de Venezuela (PDVSA). Cette corporation contrôlera environ 60% des titres des actifs pétroliers, alors que les compagnies étrangères peuvent conserver des paquets d’actions minoritaires. Selon Hugo Chavez, l’ère de la privatisation du pétrole vénézuélien s’est achevée, et le Venezuela a rétabli son contrôle sur ce secteur stratégique d’importance primordiale.
 
Hugo Chavez s’efforce de mettre fin au retard et à la dépendance du Venezuela vis-à-vis des Etats-Unis, mais pas seulement. Pour atteindre cet objectif, le président vénézuélien oeuvre en vue de créer une Communauté bolivarienne prévoyant une coopération politique, mais aussi économique, entre autres, la construction de gazoducs et d’oléoducs transatlantiques, et le programme d’exploitation des gisements de pétrole et de gaz du bassin de l’Orénoque. L’activité internationale et les réserves de pétrole assurent au Venezuela une place sans équivalent dans l’arène régionale.
 
Pendant la guerre froide, sur le continent américain, seul Fidel Castro était considéré comme ennemi juré des Etats-Unis. A présent, ces leaders sont nombreux, qui plus est sans le soutien de l’URSS disparue. Les points de vue antiaméricains sont partagés, dans telle ou telle mesure, par Evo Morales en Bolivie, Lula da Silva au Brésil, Nestor Kirchner en Argentine, Tabaré Vasquez en Uruguay, et même par Michelle Bachelet au Chili, pays traditionnellement pro-américain. Quoi qu’il en soit, le Venezuela se considère comme la locomotive de l’intégration latino-américaine. « L’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud sont des continents tout à fait différents », répète Hugo Chavez.
 
Aspirant à la prospérité du Venezuela et au renforcement du bloc antiaméricain mondial, le président Hugo Chavez ne se borne pas au cadre de l’Amérique latine. Le prestige du pays riche en pétrole et de son leader s’accroît rapidement dans d’autres régions, en premier lieu en Asie et au Proche-Orient.
 
Le Venezuela est devenu l’un des principaux fournisseurs de combustible à la Chine. Les deux pays prévoient de construire trois raffineries de pétrole sur le territoire chinois et une flotte de pétroliers. Un accord syro-vénézuélien signé à Damas prévoit la création d’une compagnie mixte pour construire des raffineries de pétrole sur le territoire de la Syrie, qui exporte actuellement du brut à perte. Le président du Venezuela a fait preuve de sa volonté d’aider Damas à redresser cette situation. En réponse, Bachar al-Assad a placé Hugo Chavez parmi les « principaux amis du monde arabe ».
 
Chavez a récemment lancé un nouveau défi à l’Amérique. Du haut de la tribune de la 14e Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement du Mouvement des non-alignés, il a déclaré que chaque Etat, y compris le Venezuela, devait avoir le droit aux programmes nucléaires. Selon lui, le Venezuela est intéressé par le développement du nucléaire civil, dans la mesure où il doit se préparer au moment où les réserves de pétrole s’épuiseront.
 
Les rapports entre le Venezuela et la Russie se développent également. De grandes compagnies minières russes participent à l’exploitation de gisements d’hydrocarbures au Venezuela. Des contrats bilatéraux de livraison d’armements pour 3 milliards de dollars ont été conclus au cours de la visite d’Hugo Chavez en Russie en juillet 2006. Ces ententes ont suscité une tempête d’indignation à Washington. Mais les Etats-Unis n’ont pu empêcher la transaction russo-vénézuélienne.
 
Hugo Chavez considère la Russie comme un puissant pôle du monde multipolaire. Séjournant à Moscou en 2001, il a prononcé une phrase traduisant le fond de son approche : « La Russie s’élève sur les espaces de l’Eurasie pour assurer un équilibre dans le monde. Nous avons besoin d’une Russie forte pour parvenir à l’égalité ». Hugo Chavez et son équipe manifestent nettement leur aspiration à conférer une dynamique positive aux rapports avec la Russie. Sur le plan politique, des pourparlers et des consultations intenses ont lieu régulièrement à divers niveaux. Le Venezuela est objectivement intéressé aux hautes technologies que la Russie possède dans les secteurs militaires. Les acquis du Venezuela dans la pétrochimie peuvent en retour être employés avec succès en Russie.
 
La composante politique du dialogue russo-vénézuélien est également importante. Le Venezuela, de même que ses nombreux voisins dans la région, partage la façon dont la Russie aborde les problèmes cruciaux de l’ordre mondial contemporain, il soutient entièrement la conception russe du monde multipolaire. Moscou et Caracas coopèrent en outre au sein des organisations internationales, pour l’essentiel, à l’ONU.
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